Entretien

Jean Fontan est Toulousain d’origine. Mais cela fait vingt ans qu’il habite en Bretagne. Il est artiste peintre à Port-Navalo où il expose dans sa galerie et propose des cours.

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir ce métier ?

Je suis un autodidacte. J’ai eu mon premier prix de peinture à l’âge de 9 ans. Mais je ne suis pas devenu peintre immédiatement. J’ai d’abord travaillé dans la mode, puis j’ai choisi de me reconvertir dans la peinture en 2003.

Quel style de tableaux peignez-vous et avec quels outils ?

Je fais du néofiguratif. Mais avec une interprétation très personnelle. Les outils sont multiples. J’emploie des spatules en caoutchouc, des couteaux, mais surtout une multitude de pigments, 80 en tout, provenant de treize pays. Cela donne un large éventail de couleurs et facilite la création. Je fais également appel à divers matériaux. Aluminium, soie, cuivre peuvent rentrer dans la composition d’un tableau.

D’où provient votre inspiration et quels sont vos thèmes de prédilection ?

Je m’inspire de scènes de la vie de tous les jours. Je peins des paysages, des bateaux, des villes comme New-York et aussi des Valentines. Ce sont des femmes toutes inspirées d’un top-modèle rencontré lors d’un défilé de mode à Paris.

La peinture est-elle un moyen d’expression pour vous ? Cherchez-vous à transmettre quelque chose ?

La peinture est une passion, mais n’importe qui peut le faire. Il suffit de travailler avec le coeur, de respecter la toile, de rester humble devant elle. À partir de ce moment-là, n’importe qui peut retranscrire ses impressions, ses émotions. J’anime des stages et je ne cherche pas à transmettre, mais à partager. La peinture est une rencontre avec les gens, un partage des couleurs, de ce que l’on a sur le coeur. Pour moi, elle est un langage donné par la nature pour aller à la rencontre des autres.

Au fond, n’êtes-vous pas un peu poète ?

On l’est tous !

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Tréteaux installés, chevalets mis sur pied, l’Atelier 34 affiche la couleur sur le trottoir de Port-Navalo ! Signe d’ouverture sur l’extérieur, sur le public, contraire à l’image du peintre cloisonné dans sa tour d’ivoire, pinceau à la main, en quête d’inspiration.

« Un lieu de rencontre »

C’est ça l’esprit de l’atelier de peinture de Jean Fontan. « Il y a bien sûr la galerie, avec les oeuvres que j’expose, mais l’atelier, c’est avant tout un lieu de rencontre, pour faire découvrir, pour partager la passion de la peinture », explique Jean Fontan.

Tous les jours, l’atelier offre la possibilité de stage de peinture. Les artistes en herbe écoutent les conseils avisés et bienveillants de Jean Fontan, essayant de reproduire et d’assimiler les techniques de travail d’artistes plus chevronnés. « Ces stages sont ouverts à tous, de 7 à 77 ans, pour tous niveaux. Il y a de plus en plus de débutants », remarque-t-il.

Apporter une autre vision.

Régulièrement, Jean Fontan invite dans son atelier d’autres artistes, comme Ute Hadam cette semaine. C’est la troisième fois qu’elle intervient à Port-Navalo, chez Jean Fontan.

Pendant deux jours, Ute Hadam anime des ateliers peinture avec des élèves de l’Atelier 34. L’occasion idéale « pour échanger avec eux, les aider, les conseiller », selon Ute Hadam qui, habituellement, « travaille seule dans son atelier ». Diplômée des Beaux-Arts de Paris, elle apporte « une autre vision, une autre influence, qui se différencie de ce qu’on peut faire localement », ajoute-t-elle. « Un travail tout à fait complémentaire du mien », souligne Jean Fontan.

Atelier avec Ute Hadam à l’Atelier 34, boulevard de la Rade à Port-Navalo.

Sites web : www.utehadam.com et www.jeanfontan.com

Alexandre HIÉLARD