Galerie de Pont-Aven

la Galerie de Pont Aven sise 11 rue du Port. Sur 100 m2, Sylvie vous présente  nouvelles toiles de jean Fontan. Des « Epreuves d’artiste « en séries très limitées, des nouvelles créations contemporaines.

Une collection de bagagerie,maroquinerie fabriquer en Bretagne,des sculpteurs de renom ainsi que des créateurs de bijoux.

Galerie de Pont-Aven intérieur

Galerie de Pont-Aven intérieur

Entretien avec Jean FONTAN
par Colette Ollivier-Chantrel, le 20 janvier 2012

C.O-C. : Pont Aven pour votre seconde galerie d’artiste, est-ce un coup publicitaire ? Une vitrine pour votre prestige ?
J.F. : Tout artiste voulant vivre de son art a besoin de se faire connaître, mais une ville d’art, c’est l’envie de me faire reconnaître. Mes toiles dans la Cité des Peintres… Une sacrée revanche !
C.O-C. : Revanche sur quoi, sur qui ?
J.F. : Sur tout ce qu’il m’a fallu surmonter avant d’y parvenir. Vous le savez, j’ai longtemps travaillé dans la mode avant que des accidents de la vie me rendent presque indigent. Mes amis savaient mon goût des couleurs et des défis ; ils ont eu l’idée d’acheter pour moi le matériel de peinture que j’attendais sans le savoir. La Peinture n’a pas été un plan de carrière mais une pulsion de survie. Apprendre à peindre sans le cadre rassurant d’une école, sans la bienveillance d’un maître… Au moment de signer sa première toile, on est tout seul. Est-ce bien ? Est-ce nul ? Ce sont les amateurs d’art qui m’ont tout de suite encouragé en achetant beaucoup de toiles à ma première expo.
C.O-C. : Pont Aven pour vous, c’était comme Lourdes pour les pèlerins ?
J.F. : Non. J’envisageais aussi La Baule,Dinard ou Saint Malo; je n’étais pas fixé. Un samedi, des clients, connaisseurs en matière d’art, me suggèrent Pont Aven. Le lundi suivant, ils trouvent ce local pour moi !
C.O-C. :Vos clients étaient vraiment des personnes éclairées ! L’ancien Hôtel de La Poste n’est pas un local ordinaire…
J.F. : J’ai eu beaucoup de chance. C’est une femme qui a ouvert cette auberge entre les deux dernières guerres ; mais c’est Ernest, le patron, qui peignait. Il devait aimer les artistes, ça les a attirés. En plus de Vlaminck et Sérusier… beaucoup d’artistes ont séjourné ici, des gens de lettres aussi : Dorgelès, Mac Orlan, Grall, Carco…
C.O-C. : Et Jean Fontan !
J.F. : Oui. Bien sûr, je ne suis pas issu de l’école de Pont Aven ni même des Beaux Arts mais bon, j’adore peindre et mes tableaux se vendent. Alors oui, je me sens à ma place ici.
C.O-C. : L’arrivée d’un toulousain ici a dû susciter quelques remous jaloux, j’imagine.
J.F. : Un peu. Un jour, une galeriste du coin -très belle femme- est venue me dire « Vous êtes ici dans un lieu magique ; j’espère que vous serez à la hauteur » Forcément, ça m’a énervé mais, aujourd’hui, je l’en remercie. Je comprends les artistes qui m’y ont précédé ; je respecte ce qu’ils en ont fait et je m’efforce d’inscrire mon travail dans leur sillage.
C.O-C. : Alors l’hôtel de la poste, c’est pour longtemps ?
J.F. : Longtemps… Pas sûr. L’endroit est mythique ; les visiteurs apprécient mon travail et beaucoup achètent mes tableaux mais …
C.O-C. : Mais ?
J.F. : Mais les responsables de la commune ont oublié ce lieu ; ils l’ont laissé tomber. Le plancher est pourri, les murs tiennent plus par habitude que par leur maçonnerie… Il faudrait beaucoup de travaux.
C.O-C. : Partir vers une autre ville d’art ?
J.F. : Pas tout de suite. J’espère trouver un autre local ici, à Pont Aven.
C.O-C. : A quand la naturalisation Bretonne ?
J.F. : Vous rigolez mais J’aime vraiment vivre ici ; je m’y sens chez moi. D’ailleurs, j’ai participé au concours pour l’affiche « Produit en Bretagne » et mon affiche a été retenue. Il est même question de m’honorer du Label « Bretagne »
C.O-C. : A cause de vos tableaux marins ?
J.F. : Pour ça entre autres.
C.O-C. : Quoi d’autre ?
J.F. : Comment savoir ? Sans doute mon enthousiasme pour cette région, ma curiosité pour son histoire. Je suis très curieux de nature ; j’ai besoin de savoir qui a construit le bateau, la maison ou le phare que je contemple. En tout cas, quelque chose en moi a inspiré confiance et je profite de cet entretien pour remercier Alain, Jean-Yves, Christian, Dominique, Sylvie, Geneviève, Catherine, tous ces bretons qui m’ont aidé par leur mécénat financier et moral.
C.O-C. : Alors… Kenavo, Jean !

Atelier de Pont-Aven